La perte de confiance du grand public dans les représentants élus et dans les élections elles-mêmes pose de sérieux défis à la théorie de la démocratie contemporaine. Comment regagner la confiance des citoyens? Comment remotiver la participation politique? Plus généralement, comment améliorer les performances de nos institutions démocratiques?

Pour certains, la réponse est claire: il convient de réintroduire le tirage au sort en politique en remplaçant (au moins partiellement) l’élection par une sélection aléatoire de nos représentants. S’agit-il d’une utopie? Pas tout à fait, dans le sens où c’est une pratique ancienne et éprouvée, qui a même longtemps été considérée comme beaucoup plus démocratique que l’élection, elle-même jugée «aristocratique». Pas vraiment non plus si l’on considère que le tirage au sort est déjà pratiqué dans les jurys d’assise et dans une série de nouvelles expériences d’assemblées citoyennes ou mini-publics. Mais le tirage au sort des représentants constitue certainement une utopie dans le sens où on n’y reviendra pas du jour au lendemain, sa réintroduction étant contraire aux intérêts de la classe politique. En Belgique, cependant, on a récemment entendu des politiciens réclamer le remplacement du sénat par une assemblée de citoyens tirés au sort.

Au-delà de cette question de la plausibilité politique d’une substitution totale ou partielle de l’élection par le tirage au sort, il convient de réfléchir au caractère désirable ou non de cette idée. Pour en juger, il faut imaginer comment fonctionnerait une assemblée de représentants tirés au sort et essayer d’anticiper quelles seraient ses conséquences politiques. Qui accepterait d’y siéger? Comment s’y dérouleraient les délibérations? Quelles interactions peut-on imaginer avec les experts? Avec le grand public? Avec le reste de la classe politique? Quels jeux de pouvoir se dessineraient? En quoi les attitudes et jugements de ces citoyens ordinaires seraient-ils différents de ceux des professionnels de la politique ? En somme : quels seraient les avantages et les inconvénients d’une telle formule? Pour ce faire, l’étude des pratiques existantes (jurys et mini-publics) peut s’avérer extrêmement instructive.

C’est dans cette perspective qu’est organisé ce jeudi 18 février, en Belgique, à l’Université catholique de Louvain, un workshop sur le sujet. Il rassemblera trois politologues et trois philosophes pour essayer de faire la lumière sur toutes ces questions et ainsi poser les bases d’une évaluation de ce projet qui prétend apporter un souffle nouveau à nos démocraties fatiguées.

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Scuola di Cittadinanza Europea